Chaque hiver, dans les eaux froides où se rejoignent l’Atlantique et l’océan Indien, l’océan commence à s’animer. La vie se rassemble, s’accélère et migre vers le nord lors de l’un des phénomènes naturels les plus puissants sur Terre. Ensemble, l’UNESCO et l’initiative 1 OCEAN, dirigée par le photographe et réalisateur documentaire Alexis Rosenfeld, ont documenté ce phénomène : la plus grande migration animale de la planète.
Souvent décrite comme le « battement de cœur » de la mer, la migration des sardines se déroule le long de la côte sud de l’Afrique entre mai et juillet. Des milliards de sardines se déplacent en immenses bancs coordonnés, formant des rubans sombres s’étendant sur des kilomètres à la surface de l’océan. Depuis les airs, l’ampleur de ce mouvement vivant devient visible. Sous l’eau, les prédateurs convergent dans une rare synchronisation de temps, de lieu et d’abondance.
Cette migration est bien plus qu’un spectacle. Chaque hiver austral, les sardines parcourent plus de 1 600 kilomètres, guidées par les courants froids et les floraisons saisonnières de plancton. Ce faisant, elles génèrent la plus grande migration de biomasse sur Terre, soutenant une diversité exceptionnelle de vies. Les manchots africains, les otaries à fourrure, les albatros, les pétrels, les fous de Bassan, les tortues luth, les dauphins, les requins et plusieurs espèces de baleines dépendent tous de ce rythme saisonnier. C’est une véritable rivière d’énergie vivante sur laquelle reposent l’ensemble des chaînes alimentaires marines.
Un pouls fragile et menacé
Pourtant, ce rythme ancien est de plus en plus menacé. Le changement climatique réchauffe les eaux océaniques et modifie les courants, perturbant les conditions délicates qui rendent cette migration possible. Parallèlement, l’expansion des activités industrielles en mer exerce une pression supplémentaire sur des écosystèmes marins déjà vulnérables. L’avenir de ce phénomène — et des innombrables espèces qu’il soutient — ne peut plus être tenu pour acquis.
Comprendre et protéger de tels processus fait partie intégrante du mandat de l’UNESCO pour l’océan. À travers la Commission océanographique intergouvernementale (COI-UNESCO), l’UNESCO soutient l’observation océanique à long terme, la recherche scientifique et le partage de données afin de mieux comprendre comment le changement climatique transforme les écosystèmes marins et les schémas migratoires.
L’UNESCO appuie également la désignation et la gestion efficace des aires marines protégées, contribuant à préserver les habitats essentiels le long des routes migratoires. En tant qu’agence principale de l’ONU pour le Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030), l’UNESCO mobilise scientifiques, décideurs et communautés du monde entier pour protéger les systèmes vivants de l’océan.
Cette migration, la plus importante de la planète en termes de biomasse, dépasse le simple déplacement de poissons. C’est une rivière vivante, un pouls vital dont dépendent l’ensemble des écosystèmes marins.
En documentant la grande migration de la vie avec 1 OCEAN et en faisant progresser la science océanique, la protection et la coopération internationale, l’UNESCO s’efforce de garantir que les rythmes vivants de l’océan perdurent — aujourd’hui et pour les générations futures.






